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 - Le corps de l'ancien Président Bissao-Guinéen NINO BERNARDO VIEIRA
La semaine dernière, votre hebdomadaire L’Observateur a rencontré pour vous des citoyens guinéens qui se sont prononcés sur l’usage des condoms au cours de leurs rapports intimes. Ce panel, loin d’être exhaustif, a néanmoins révélé que très peu de mécaniciens ont recours à la capote comme moyen de protection contre les IST/VIH/SIDA.
M.D., MECANICIEN RESIDENT À BGESSIA PORT.
« Je refuse de commettre l’adultère, non pas parce que j’ai peur du sida, mais parce que Dieu me l’interdit. »
« J’ai assisté à beaucoup de campagnes de sensibilisation où il est demandé aux citoyens de faire usage du préservatif chaque fois qu’ils ont des rapports sexuels extraconjugaux. Pour vous parler franchement, je ne me suis jamais senti concerné par ces conseils. Je suis une personne foncièrement religieuse, pour ne pas dire pieuse. J’ai été élevé dans la plus grande rigueur. Mon père était un dictateur. Ce qui explique que j’ai fini par adopter des comportements comme mode de vie. Je n’entretiens jamais de relations extraconjugales. Je suis entièrement à la disposition de ma femme. Cela fait huit ans que je suis marié, j’ai trois enfants et, vous êtes libre de ne pas me croire, dans ma vie je n’ai jamais commis l’adultère et je ne le ferai jamais. Je le refuse non pas parce que je risque d’attraper une maladie, mais parce que Dieu me l’interdit. Pour ce qui est de ma femme, de ce côté aussi je n’ai aucun souci. Je lui fais entièrement confiance. Donc, je ne suis pas concerné par les capotes. Excusez moi ! »
Y.T., MECANICIEN À MATAM
« J’ai utilisé les capotes à maintes occasions, mais ça ne m’a pas satisfait. »
« C’est sur les conseils de certains de mes amis que j’ai utilisé le préservatif. Je l’ai essayé à maintes occasions, mais pour vous dire vrai, ça ne m’a pas du tout convaincu. Avec ça on ne ressent rien !. Je ne sais pas si c’est moi qui suis tombé sur de mauvais préservatifs, mais vraiment ce n’est pas satisfaisant. Il n’y a aucun goût dedans. C’est ce qui a fait que j’ai arrêté d’utiliser les condoms. Je sais que je cours des risques, mais qu’est ce qu’on peut ? L’affaire là, mon frère, c’est deux choses, ou bien tu fais ou tu laisses. Pas de demi-mesure. Maintenant, notre monde est devenu trop compliqué. Avant, au temps de nos parents, ils étaient heureux parce qu’il n’y avait pas toutes ces histoires. Nous, à notre temps, on a tous les malheurs du monde. Finalement, j’ai décidé quand même de trier mes partenaires. Toutes celles que je soupçonne de n’être pas sérieuses, je les laisse. Je ferai ainsi jusqu’à mon mariage. Peut-être qu’une fois marié, je serai fidèle à ma femme. Mais en définitive, il faut avoir confiance en Dieu, parce qu’il n’y a que lui qui peut nous protéger. »
ALPHA OUSMANE DIALLO TAULIER RESIDENT SOUDEUR À MATAM
« Je n’utilise pas de capote, mais je ne vais pas non plus avec n’importe qui. »
Je n’ai jamais utilisé de capote dans ma vie. Pourtant, à Labé j’ai connu certains amis qui l’utilisaient. Je sais que ça permet aux gens de se protéger, notamment contre le SIDA. Mais le problème est que le genre de filles que je fréquente refuse les capotes. Elles pensent que vouloir utiliser le préservatif avec elles voudrait dire qu’elles sont des putes. Donc quand elles refusent, je n’ai pas le choix. Moi aussi je cède. Cependant, je suis formel, je ne vais pas avec n’importe quelle fille. Mais tout ça c’est compliqué. Mes parents doivent faire venir ma femme très bientôt du Fouta. Je promets que quand elle sera là, je vais laisser tomber tous les faux problèmes pour me consacrer à elle seule. Parce que je sais que le sida est partout à Conakry. Il y a même une femme qui sort souvent à la télé et qui dit avoir le SIDA. Je pensais que cette affaire de SIDA c’était faux. C’est le jour que je l’ai vue à la télé en train de parler que j’ai vraiment pris peur. »
Propos recueillis par
Alpha Camara
Redacteur à ''L'Observateur''
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