Le mardi 2 mars, sous un soleil de plomb, les nombreux invités assis sous des tentes ont assisté avec intérêt à la cérémonie d’ouverture de la Banque Africaine de Développement Agricole et Minier de Guinée (BADAM).
Une première et la seule en Guinée, une institution bancaire de développement agricole et minier qui a pour vocation première de promouvoir l’agriculture, l’élevage, la pêche. Ne dit-on pas parfois que le développement d’un pays repose sur l’agriculture. La Guinée, malgré son prestige dans le monde en tant que deuxième pays exportateur de bauxite, après l’Australie, ainsi que des pierres précieuses comme l’or et le diamant, regorge en plus de cela de nombreuses plaines sur lesquelles l’agriculture peut être pratiquée afin de bannir totalement la famine. C’est dans le souci de soigner ce problème, qu’un groupe de promoteurs privés guinéens en partenariat avec l’Etat ont décidé de créer cette banque dont l’objectif principal sera d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Dans son discours de circonstance, le Directeur Général de la Banque Africaine de Développement Agricole et Minier, Moriba Keita, a cité quelques domaines d’intervention de son institution. Ce sont entre autres, le renforcement de la capacité des petits exploitants agricoles en vue de leur accès facile aux intrants (engrais, fertilisants, semences améliorés) et matériel agricole, favoriser l’accès aisé et sécurisé aux crédits bancaires insuffisamment distribués par les institutions de micro finance et les autres commerciales et leur accès à l’information relative à la formation et l’évolution des prix des produits agricoles tant sur le plan national qu’international.
Selon lui, la BADAM travaillera en synergie avec l’Etat afin d’encourager et de promouvoir les investissements privés en milieu rural. Elle se fera d’après lui, par la mobilisation de l’épargne locale et sa meilleure orientation vers le moyen et long terme, la bancarisation des ménages ruraux et des exploitations agricoles, les techniques de maîtrise de l’eau, la pratique de la culture attelée et mécanisée.
En ce qui concerne l’ouverture de l’économie guinéenne sur le reste du monde, M. Moriba a signalé que la BADAM contribuera à la promotion des productions locales en vue de leur plus grande pénétration dans le marché extérieur. Ce qui selon le DG, limitera l’exode rural des jeunes et qui pourra apporter beaucoup de devises dans le pays afin que la monnaie guinéenne retrouve son éclat. Il a ensuite invité les autorités à soutenir et à encadrer la banque afin de la rendre forte, stable et capable de faire sa mission. Pour terminer, M. Moriba a déploré le fait que le bâtiment qui abrite la banque est habité à son 2e étage par des personnes qui n’ont aucun lien avec la banque. Cependant, il sollicite auprès de l’autorité que le local leur revienne. Le représentant des actionnaires guinéens de cette banque, Dr Ousmane Kaba, ancien ministre de l’Economie et des Finances a accentué son discours sur l’importance d’une telle banque dans un pays comme la Guinée. « Dans le monde, il n’y a aucun exemple de développement économique sans le développement agricole et sans la participation d’institutions de financement supportés par l’Etat », a-t-il signalé. Avant d’ajouter que : « le développement économique de notre pays passe nécessairement par l’agriculture qui absorbera l’essentiel des forces de travail et ensuite par les mines », a-t-il déclaré.
Quant au ministre de l’agriculture, Lieutenant-colonel, Kèlèti Faro, il s’est réjouit d’une telle initiative qui selon lui va combler l’attente des agriculteurs, les pêcheurs, les paysans, les éleveurs ainsi que les exploitants miniers. C’est pour cette raison que selon lui, l’Etat a participé à hauteur de 30% dans la réalisation de cette banque. Outre ces 30%, toujours selon le ministre, l’Etat guinéen a mis le bâtiment à leur disposition. « C’est la preuve que l’Etat guinéen ne ménagera aucun effort pour soutenir les initiatives créatrices de revenus comme la BADAM », a dit le ministre.
La Banque Africaine de Développement Agricole et Minier a obtenu son agrément de la part de ma BCRG, le 19 décembre 2008, c'est-à-dire quelques jours seulement avant la prise du pouvoir par le CNDD.
Ibrahima Sory Camara