Jean-Marie Doré, président de l'UPG : « désormais la Guinée peut emprunter une voie royale pour se doter librement et démocratiquement des institutions credibles »
Je dis que les Forces vives sont nées à partir de l'annonce du discours programme faite par les militaires dans la matinée du 24 décembre consécutivement à l'annonce du président Conté. Les partis politiques, les syndicats, la société civile se sont reconnus dans le programme annoncé par le Capitaine Moussa Dadis Camara. C'est pourquoi, pour constituer un pôle de négociation cohérente, toutes ces forces se sont constituées en une structure qu'on appelle les Forces vives. Mais au fur et à mesure dans la pratique avec le CNDD, on a commencé à se casser les uns des autres. Nous Forces vives à notre corps défendant et cette séparation, cet écart s'est amplifié, s'est approfondi, lorsque à sa demande les Forces vives ont amendé son projet d'ordonnance qui s'agissait de la nomination des membres des Forces vives dans le conseil national de transition (CNT), on s'est trouvé confrontés par le rejet inexplicable et inexpliqué par le Président Moussa Dadis Camara. Des cadres proposés par les Forces vives pour animer le CNT, aux dispositions textuelles de l'ordonnance qui avait été approuvée par lui. Le Président a non seulement dénié aux Forces vives le droit de désigner les gens de leurs choix, mais encore, il a augmenté unilatéralement le nombre des membres du CNT. Et, il a pris ce supplément du nombre de membres du CNT dans les structures qui n'étaient pas envisagées dans l'ordonnance. Malheureusement, ce divorce a immobilisé la Guinée, tant sur le plan économique, social, qu'institutionnel. Par la suite, la propre créature de Moussa Dadis Camara, le Lieutenant Diakité dit Toumba a tiré sur lui, acte que je condamne sévèrement parce que ce n'est pas la manière de régler les contentieux en démocratie. Je suis contre toutes les violences. Je suis plus contre les violences qui s'exercent contre ceux qui gèrent l'Etat, même si on n'est pas d'accord avec eux. Mais le fait est là, le fait qu'il y ait eu un vide, et que le vide a été complet par l'émergence du général Sékouba Konaté. Au départ, il y avait des doutes dans certains esprits, mais depuis que Konaté est en fonction, toutes les déclarations qu'il a faites, intègrent les unes dans les autres. Elles sont d'une cohérence remarquable. Donc, connaissant le caractère de l'homme, connaissant ces capacités d'officier, connaissant le peu d'intérêt qu'il éprouve pour exercer les fonctions politiques, je dis qu'à moins qu'il y ait un incident extraordinaire qui vient compromettre tout cela, désormais la Guinée peut emprunter une voie royale pour se doter librement et démocratiquement des institutions qui lui permettraient d'organiser son économie, d'organiser sa vie sociale, d'organiser ses libertés publiques et privées pour devenir enfin un pays émergent. C'est pourquoi, je soutiens la déclaration du général Konaté, pas en tant qu'alignement de mots, mais en tant que porteur de vérités et d'actions concrètes.
Etienne Soropogui, Vice-président des nouvelles forces démocratique de Guinée : « Il est important que nous allions rapidement vers les actes concrets. Donc, nous restons très prudents. »
Par rapport au discours du Général Sékouba Konaté, nous estimons que le discours est plein d'espoir pour le peuple de Guinée. Mais encore une fois, il est important que ce discours soit accompagné de faits concrets, d'actes concrets pour qu'encore une fois, la Guinée sorte urgemment de cette situation. Il est important que nous allions rapidement vers les actes concrets. Donc, nous restons très prudents. Nous saluons effectivement ce discours et nous demandons au Général Konaté d'aller rapidement. Nous savons effectivement que, la balle est dans le camp des Forces vives. Donc, vous voyez, nous sommes chez Jean-Marie Doré, nous travaillons rapidement pour trouver au sein même des Forces vives un candidat consensuel. Encore une fois, si vous me posez la question de savoir est-ce que Mouctar est choisi ou pas ? L'objectif aujourd'hui, est qu'au niveau des Forces vives, nous puissions trouver un candidat consensuel accepté de tout le monde pour que, de façon définitive, nous puissions proposer quelque chose de concret à la junte pour sortir enfin de cette situation dramatique pour le pays.
Aboubacar Sylla, président de l'UFC : « C'est une main tendue vers les partis politiques d'opposition qui dans le passé, se sont toujours sentis marginalisés, depuis quelques mois, en tout cas dans la conduite de la transition »
Notre première réaction, c'est que nous accueillons avec beaucoup d'intérêt le discours du général Sékouba Konaté. Ses déclarations et ses nouvelles initiatives sont conformes au premier engagement qui avait été pris par le ministre de la Défense, intérimaire du président du CNDD et dans sa déclaration du 23 décembre. Lorsqu'il parle de nommer un premier ministre issu des Forces vives et de l'opposition, nous trouvons que, c'est un pas dans la bonne direction. C'est une main tendue vers les partis politiques d'opposition qui dans le passé, se sont toujours sentis marginalisés, depuis quelques mois, en tout cas dans la conduite de la transition. Et je dirais que, c'est dans la bonne direction et nous sommes parfaitement prêts à accompagner sur ce terrain. Pour ce qui concerne également l'instauration d'un climat de sécurité pour tous les guinéens y compris les leaders politiques qui sont aujourd'hui réfugiés à l'extérieur. Mais là aussi, nous ne faisons qu'accepter et apprécier. Cependant, nous attendons toujours comme l'avions dit dans notre déclaration numéro 16 que tous ces beaux engagements, que toutes ces belles initiatives, se concrétisent par des actes, des décisions concrètes et donc, à partir de là, nous saurons effectivement que derrière ses engagements, derrière ses promesses, il y a une réelle volonté politique d'arriver à mettre en œuvre un processus de transition apaisée et consensuelle de manière à pouvoir organiser des élections dans un cadre totalement démocratique pour qu'enfin la Guinée se dote d'institutions qui soient du choix de la population.
Ditinn Diallo, Secrétaire général du PUD : « nous sommes disponibles à accepter ses offres, à travailler avec lui pour une sortie rapide de crise »
Le discours fait par le chef de la junte, le Général Konaté, est un regain d'espoir. Je dis un regain parce qu'un premier espoir a été émis le 23 décembre suite à la déclaration officielle du chef d'alors. Et cet espoir qui a été finalement déçu par le non respect des engagements. Aujourd'hui subitement, changement de visage, changement de ton, regain d'espoir. Le Général Konaté vient de dire aux guinéens sa volonté d'aller vite à une transition consensuelle avec les Forces vives, sa volonté de prôner cette transition par des élections libres, justes et transparentes qui seront l'expression des populations guinéennes. Quant à la mise en place des institutions républicaines devant marquer le retour à l'ordre constitutionnel, il a surtout dit une chose extrêmement importante qui intéresse tous les guinéens : sa volonté de sécuriser les guinéens, de sécuriser les leaders politiques, surtout ceux qui sont à l'extérieur du pays. Ils ont quitté pour une raison de sécurité de leur vie. Il a demandé le retour et il a pris la décision de les sécuriser. Donc, je ne peux que féliciter ce discours et dire que mon parti estime qu'il faut franchement encourager par des faits concrets. Donc, par la disponibilité de travailler vite avec la nouvelle formule CNDD, afin de mettre en place avec lui la nouvelle autorité de l'Etat, qui va diriger le processus et parvenir à un retour à l'ordre constitutionnel. Donc, nous sommes disponibles à accepter ses offres, à travailler avec lui pour une sortie rapide de crise.
Alhassane Camara, membre du bureau national du conseil de l'organisation de la société civile guinéenne: « Je pense que cela prouve à suffisance qu'il y a un bon début de dialogue, mais ce n'est pas suffisant. »
Je trouve cela un bon début du dialogue, parce que si on avait commencé par cela depuis l'amorce de la transition, aujourd'hui on ne serait pas là, on aurait beaucoup avancé dans le processus de transition. Si aujourd'hui, après un an écoulé, le CNDD, le deuxième vice-président arrivé à nous proposer cela, comme il a dit dans son discours, son entretien avec son chef de la junte, le Capitaine Moussa Dadis Camara. Je pense que cela prouve à suffisance qu'il y a un bon début de dialogue, mais ce n'est pas suffisant. Il a annoncé le poste de premier ministre sans donner un contenu réel de la mission fondamentale de ce premier ministre et du gouvernement. Donc, nous pensons que ce sont ces travaux que le mouvement social ou de manière globale les Forces Vives vont réfléchir la dessus et qu'on va donner une feuille de route pour que se soit complémentaire à sa mission qui va être son rôle fondamental à jouer : à redresser l'économie, à renouer avec les bailleurs et surtout à organiser le plus rapidement possible les élections libres, crédibles et transparentes.
Réalisé par : Mamadou Sarifou Barry