Porté à la tête de l'Etat par le CNDD, félicité par les USA, remercié par la France, encouragé par la CEDEAO, soutenu par les forces vives, le nouvel homme fort de Guinée sortira-t-il notre pays de la crise ?
C'est le 4 décembre 2009, exactement 19 jours avant le premier anniversaire du coup d'état qui a suivi la mort de Lansana Conté que le général de brigade Sékouba Konaté a été porté à la tête de la junte qui dirige la Guinée depuis le 23 décembre 2008.. Bien que deuxième vice président du CNDD, le ministre de la Défense- qui a écourté son séjour libanais pour rejoindre rapidement ses camarades- a été choisi pour remplacer le capitaine Moussa Dadis Camara, gravement blessé par balle quelques heures plutôt par son désormais très populaire aide de camp, lieutenant Aboubacar Toumba Diakité.
Au cours de sa tournée de prise de contact avec ses "frères d'arme", "El Tigre" a annoncé son intention de ramener la discipline dans l'armée et demandé aux forces de défense de sécurité de "défendre et sécuriser" les citoyens Guinéens et les amis de la Guinée vivant sur le territoire national.
Le deuxième rassurant message du général Konaté est tombé le jour même de la célébration de l'an un du coup d'Etat perpétré par le CNDD. Annonçant la volonté d'organiser "au plus vite" le retour à l'ordre constitutionnel, Sékouba Konaté ne pouvait que se faire applaudir par les démocrates du monde, qui avaient déjà entendu dire que cet officier supérieur était l'un des rares à "répugner" l'exercice du pouvoir !
Malgré cette volonté affichée par le général Konaté, l'unanimité n'est encore pas faite sur son soutien. Dans l'opinion aussi bien nationale qu'internationale, les fausses promesses de Dadis rappellent que "dire est différent de faire"... C'est ainsi qu'on peut trouver une certaine réticence de l'opinion à se laisser complètement emporter par des déclarations de cet autre dirigeant du CNDD.
Par ailleurs, des Guinéens se demandent comment le CNDD, qui a tué- en moins de deux heures- plus de 150 Guinéens réunis dans un stade, blessés plus de 1.200 compatriotes et violé des dizaines de filles et mères de famille, ce groupe de putschistes contre lequel les ressortissants et amis de la Guinée ont manifesté dans les quatre coins du monde, joignant ainsi leurs voix à celles qui protestaient de l'intérieur contre la prise en otage du pays par ce groupe de mafieux qui cherchaient à se pérenniser au pouvoir par la terreur et le mensonge, comment donc ce même CNDD pourrait-il mériter un appui des démocrates du monde et un unanime soutien des Guinéens ?
Le philosophe Chinois Conficius enseigne que "la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute".
Le peuple de Guinée, humilié et meurtri par ses filles et fils qui se sont succédés à sa tête depuis l'indépendance a-t-il suffisamment de voies de sortie de crise pour refuser la main tendue ceux-là même qui sont à l'origine de cette crise, ces putschistes du 23 décembre 2008, qui tiennent encore les rênes du pays ?
Evidement que personne de ceux qui plaident aujourd'hui pour un accompagnement du général Konaté ne se doute que sans un membre influent du CNDD, déterminé à faire le sacrifice ultime pour le retour à l'ordre constitutionnel et à la démocratie, la sortie de crise pourrait être difficile à obtenir. Par ailleurs, toute solution radicale pourrait entraîner des conséquences inimaginables que les instigateurs pourraient regretter. Aussi, le nouvel homme fort de la Guinée, en reconnaissant les fautes précédentes ne procède-t-il pas en homme d'honneur dont la sagesse pourrait forcer à faire l'impossible pour ne pas retomber ?
"Le sage a honte de ses défauts, mais n'a pas honte de s'en corriger", Conficius
A l'évidence, si la France, les États Unis, la CEDEAO et les dynamiques membres du forum des forces vives de Guinée- jusque-là combattus par la junte- ont décidé d'accompagner le général Sékouba Konaté, c'est que l'intérêt du peuple de Guinée réside aujourd'hui dans la mise en œuvre de ces "révolutionnantes" propositions. Et, Sékouba Konaté, qui aura effloré la Cour pénale internationale (cf. rapport onusien sur les massacres du 28 septembre), pourrait bien se faire recevoir avec "tapis rouge" dans toutes les capitales du monde en héros de la démocratie en République de Guinée et, pourquoi pas, l'homme par qui la voie du développement économique du pays aura été trouvée...
"Celui qui déplace la montagne, c'est celui qui commence à enlever les petites pierres", nous enseigne le philosophe
Nouhou Baldé
En séjour à Luanda (Angola)
Tél: 00244 922749879